Energies renouvelables : la France à la traîne

C’est souvent le reproche formulé à l’Allemagne. En annonçant sa sortie du nucléaire après l’accident de Fukushima (Japon), en 2011, le pays a continué à faire tourner à plein régime ses centrales à charbon, tant pour sa consommation d’électricité que pour l’exportation. Malgré un fort développement des énergies renouvelables, Berlin pourrait ne pas atteindre son objectif de réduire ses émissions de gaz à effet de serre pour 2020.

Comment la France peut-elle éviter cet écueil ? Dans ses scénarios, RTE, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité, étudie les efforts que le pays doit faire pour diminuer progressivement la part du nucléaire tout en évitant d’augmenter ses émissions de gaz à effet de serre.

Les chiffres sont impressionnants : quel que soit le scénario retenu, la France devra être dotée de 13 000 à 17 000 éoliennes, sur terre et en mer, d’ici 2035. Le territoire en compte aujourd’hui 6 500. Une démarche aussi volontariste doit être engagée pour le solaire : il faudrait atteindre une capacité installée de panneaux photovoltaïques comprise entre 36 GW et 48 GW, contre 6,7 GW aujourd’hui.

Queue du peloton européen

La France est donc loin du compte. La part des renouvelables dans la consommation finale d’énergie n’était que de 16 % fin 2016. Un chiffre en nette progression, mais qui place le pays dans la queue du peloton européen. « Pour infléchir le rythme, il faut rapidement actionner, dans les mois qui viennent, un certain nombre de leviers, en particulier dans le domaine de la simplification », a réagi le président du Syndicat des énergies renouvelables, Jean-Louis Bal.

L’un des principaux obstacles à l’accroissement de l’éolien terrestre réside dans l’opposition féroce des riverains à l’installation de nouveaux champs. Selon les industriels, le temps de développement d’un champ d’éoliennes prend entre six et huit ans, deux à trois fois plus que dans les autres pays européens,…



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